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Déclaration d'ouverture de la CDB: le rôle d'IMPAC3 pour tenir les engagement internationaux

Déclaration de M. Braulio Ferreira de Souza Dias, secrétaire exécutif de la Convention sur la diversité biologique, lue par Mme Jihyun Lee, en charge des affaires environnementales pour la biodiversié côtière et marine, à l'occasion du 3e Congrès international des aires marines protégées.

Note: En 2010 à Nagoya (Japon), la 10e Conférence des parties à la Conférence sur la diversité biologique a défini l'objectif 11 d'aichi - couvrir 10 % des océans par un réseau cohérent et écologiquement représentatif d'aires marines protégées d'ici 2020.

Le congrès IMPAC3 constitute une étape clé pour tenir cet engagement.

Téléchargez la déclaration

Excellence,

Distingués Délégués,

Mesdames et Messieurs,

C’est un très grand plaisir pour moi de vous souhaiter la bienvenue au troisième Congrès International des aires marines protégées (IMPAC3). Je tiens tout d’abord à exprimer mes sincères remerciements et félicitations au Gouvernement français pour l’organisation réussie de cet important événement. J’apprécie tout particulièrement le travail exceptionnel et le rôle majeur de l’Agence des aires marines protégées et de l’UICN, qui ont rassemblé différentes initiatives, idées et expériences afin d’élaborer pour ce congrès un programme complet et cohérent. J’adresse également mes sincères remerciements au maire de Marseille ainsi qu’aux Marseillais et Marseillaises, qui accueillent ce congrès dans la cité portuaire de Marseille, belle et culturellement unique, nous offrant à tous la plus chaleureuse hospitalité.

Il est encourageant de voir ici des participants venus du monde entier, notamment des représentants de divers gouvernements, des agences des Nations Unies, des organisations internationales, du monde universitaire, des ONG, des communautés autochtones et locales et d’autres groupes de la société civile. Votre présence ici témoigne de l’importance que vous accordez aux aires marines protégées (AMP) et par conséquent à l’atteinte de l’Objectif 11 d’Aichi du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020, adopté par 193 Parties à la Convention sur la diversité biologique (CDB) en octobre 2010.

Notant avec préoccupation, lors de la dixième réunion de la Conférence des Parties à la Convention en 2010, la lenteur avec laquelle les AMP étaient créées, 193 Parties ont exprimé leurs engagements pour atteindre l’Objectif 11, parmi les 20 Objectifs d’Aichi pour la biodiversité du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 : « D’ici à 2020, au moins 10% des zones marines et côtières, y compris les zones qui sont particulièrement importantes pour la diversité biologique et les services fournis par les écosystèmes, sont conservées au moyen de réseaux écologiquement représentatifs et bien reliés d’aires protégées gérées efficacement et équitablement et d’autres mesures de conservation efficaces par zone, et intégrées dans l’ensemble du paysage terrestre et marin ». L’adoption du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 et des 20 Objectifs d’Aichi pour la biodiversité a été guidée par une vision commune pour un monde où l’on puisse « Vivre en harmonie avec la nature », où « D’ici à 2050, la diversité biologique est valorisée, conservée, restaurée et utilisée avec sagesse, en assurant le maintien des services fournis par les écosystèmes, en maintenant la planète en bonne santé et en procurant des avantages essentiels à tous les peuples ».

Selon la Base de données mondiale sur les aires protégées (WDPA - World Database on Protected Areas), le nombre et l’étendue des aires protégées au niveau mondial ont considérablement augmenté depuis un siècle, et ce en particulier depuis l’adoption du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020. La couverture spatiale des zones terrestres et des eaux intérieures protégées est passée de 12,6 % en 2010 à 14,6 % en 2012. Les aires protégées marines et côtières dans la limite des 12 miles nautiques depuis la côte sont quant à elles passées de 4 % en 2010 à 9,7 % en 2012, alors que la couverture océanique mondiale reste faible, avec seulement 2,2 % des surfaces protégées.

Bien que ces progrès soient encourageants, je tiens à souligner que nous ne pouvons pas simplement compter sur l’élargissement de la couverture spatiale des aires protégées. Nous devons trouver les moyens de couvrir les éléments qualitatifs essentiels de l’Objectif 11, tels que les services fournis par les écosystèmes, la représentativité écologique, l’importance d’une gestion efficace et équitable, de systèmes bien reliés, et l’intégration dans l’ensemble du paysage terrestre et marin.

En ce qui concerne par exemple la nécessité d’une gestion efficace des aires protégées, qui est un élément important de l’Objectif 11, l’évaluation montre que moins de 30 % des zones protégées dans le monde sont dotées d’un plan de gestion, et que seulement 24 % des aires protégées évaluées lors d’une étude mondiale en 2010 bénéficient d’une gestion adaptée. De même, en ce qui concerne la représentativité écologique des AMP, je tiens à souligner une lacune importante : seulement 13% des 232 écorégions marines de la planète atteignent l’objectif de 10%, et la surface protégée de 137 écorégions marines est toujours inférieure à 1%.

Afin de combler ces lacunes, le Secrétariat de la Convention a soutenu les Parties dans l’identification de leurs objectifs nationaux en réponse à l’Objectif 11 d’Aichi pour la biodiversité, en organisant en 2011 et 2012 une série d’ateliers de renforcement des capacités sur les programmes de travail de la CDB sur les aires protégées (PTAP). Ces ateliers ont aidé 107 pays à développer des plans d’action PTAP, 70 d’entre eux ayant intégré un objectif national relatif aux aires marines et côtières protégées situées dans leurs eaux territoriales. Quarante-quatre pays ont identifié des objectifs de couverture spatiale des AMP, allant de 3 % à 15 %, 41 Parties ayant défini des objectifs atteignant ou dépassant les 10 % fixés par l’Objectif 11. Plusieurs petits États insulaires en développement se sont fixé des objectifs ambitieux relatifs aux AMP, atteignant ou dépassant 25 %, bien que collectivement ces surfaces protégées n’atteignent actuellement que 2,8 %.

À travers le programme de travail sur la biodiversité marine et côtière, et en réponse aux demandes formulées par la Conférence des Parties à la Convention dans ses décisions X/29 et XI/17, le Secrétariat de la Convention a organisé une série d’ateliers régionaux afin de décrire les zones marines répondant aux critères scientifiques de la CDB relatifs aux aires marines d’importance écologique ou biologique (AIEB) adoptés par la COP 9 dans sa décision IX/20, en compilant les meilleures informations scientifiques disponibles à l’échelle mondiale, nationale et régionale, et en facilitant la collaboration scientifique entre les experts nationaux et les organisations internationales et régionales concernées. Depuis la COP 10, les ateliers régionaux organisés par le Secrétariat de la Convention, ainsi que par les organisations régionales concernées, ont couvert environ 75% des océans de la planète, en incluant les zones marines situées au-delà des juridictions nationales. Je crois que les informations scientifiques recueillies sur l’importance écologique et biologique des aires marines contribueront grandement à la mise en œuvre des programmes de travail sur les aires protégées et sur la biodiversité marine et côtière, contribuant ainsi à la mise en œuvre du Plan stratégique pour la diversité biologique 2011-2020 et à la réalisation non seulement de l’Objectif 11, mais également à celle de la moitié des 20 Objectifs (5, 6, 8, 9, 10, 12, 14, 15 et 19). Des études récentes ont montré que la création d’AMP pour la gestion des pêches a augmenté récemment en raison du rôle des AMP dans la conservation de la biodiversité, l’augmentation des stocks de poisson et le renforcement de la sécurité alimentaire des communautés côtières.

La mise en place de réseaux d’aires protégées complets, écologiquement représentatifs, gérés de manière efficace et bénéficiant de financements durables constitue une stratégie essentielle non seulement pour la conservation de la biodiversité, mais aussi pour sécuriser les biens et services des écosystèmes, permettre l’adaptation au changement climatique et l’atténuation de ses effets, aider les pays à atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et à assurer un investissement clé en faveur de la durabilité environnementale. L’expérience montre que les aires marines protégées ont contribué à l’augmentation des revenus des ménages et à la création de nouveaux emplois, notamment dans le tourisme.

Un réseau d’aires protégées écologiquement représentatif constitue la pierre angulaire d’une stratégie et d’un plan d’action nationaux pour la biodiversité, et il ne peut être constitué sans impliquer les divers acteurs concernés par les zones marines et côtières dans des partenariats intersectoriels et inter-agences. Afin d’établir des partenariats multi-acteurs et de promouvoir nos efforts concertés pour soutenir les pays dans leur mise en œuvre, le Secrétariat a facilité le développement de l’Initiative pour un Océan durable et coordonne actuellement sa mise en œuvre en collaboration avec de nombreux partenaires dans le monde. Je saisis cette occasion pour exprimer nos vifs remerciements à l’Agence des aires marines protégées, qui, avec le Fonds japonais pour la biodiversité, a gracieusement apporté un soutien financier à la mise en œuvre de l’Initiative pour un Océan durable depuis sa création lors de la dixième 10e réunion de la Conférence des Parties à la Convention en 2010.

Je voudrais également saisir cette occasion pour vous présenter l'initiative LifeWeb. Cette initiative de financement durable facilite le financement de la mise en œuvre des Objectifs d’Aichi pour la biodiversité sur des zones terrestres ou marines, à travers le développement de partenariats. LifeWeb reconnaît que la réalisation de la protection des milieux marins est encore loin derrière celle des milieux terrestres. Ainsi, LifeWeb cherche activement des initiatives impliquant des pays en développement et des pays à économie en transition pour soutenir leurs efforts actuels pour la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine. LifeWeb travaille conjointement avec l'Initiative pour un Océan durable et les bailleurs de fonds pour progresser vers notre vision commune.

Tout au long de cette semaine, le Secrétariat de la Convention aura diverses occasions de présenter en détail le travail de la Convention sur les Objectifs d’Aichi, et j’ai hâte de prendre connaissance de vos réactions, perceptions et idées novatrices, et de tirer des enseignements de vos expériences et expertises issues de différentes régions. Le Secrétariat est prêt à travailler avec vous tous dans un esprit de collaboration, de sorte que les résultats de ce congrès apportent des contributions significatives à la 12e réunion de la Conférence des Parties à la Convention, qui se tiendra à Pyongchang, en République de Corée, en octobre 2014.

Excellence,

Mesdames et Messieurs,

Avant de conclure, permettez-moi de saisir cette occasion pour exprimer à nouveau ma profonde reconnaissance aux organisateurs de cet important congrès qui contribuera de manière significative à la mise en œuvre du Plan stratégique et à nos progrès vers les Objectifs d’Aichi pour la biodiversité.

Je vous souhaite encore une fois la bienvenue à tous et je me réjouis des discussions ainsi que des résultats concrets et pratiques à venir.

Je vous remercie de votre attention.

                                                                                                                     Braulio Ferreira de Souza Dias

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