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Aichi 11: bons chiffres mais réalité contrastée

Dans une étude publiée ce mois-ci, des scientifiques et des experts de la protection marine concluent que les objectifs mondiaux en termes d’aires marines protégées sont à portée de main, mais préviennent que le succès ne se mesure pas seulement pas le nombre de kilomètres carrés.

Sous la direction de The Nature Conservancy et du Centre mondial de surveillance continue de la conservation de la nature (WCMC) du PNUE, les auteurs ont passé en revue 10 280 aires marines protégées (AMP), couvrant 8,3 millions de kilomètres carrés. Ils en tirent la conclusion que 6,6 millions de kilomètres carrés d’AMP ont été créées ces dernières années, et que protéger 10 pourcents des océans d’ici 2020 est un objectif tenable.

Cet objectif, nommé Aichi 11 d’après la rencontre de la Conférence sur la diversité biologique (CBD) où il a été entériné, est au cœur des préoccupations d’IMPAC3.

Mais l’étude, qui vient d’être publiée dans Ocean Yearbook, souligne que les mesures quantitatives masquent une réalité contrastée et ne répondent pas forcément aux ambitions qualitatives affichée par l’Objectif 11 d’aires marines protégées.

 

Mettre les aires marines protégées au service des communautés locales

De fait, la CBD met l’accent sur la protection non seulement de la biodiversité, mais aussi de la qualité de vie humaine et des services rendus par les écosystèmes. Or la croissance actuelle des AMP à l’échelle mondiale s’effectue majoritairement dans des zones hauturières. Même les AMP côtières se focalisent souvent sur des zones peu peuplées. De plus, elles sont souvent de petites tailles, et leur gestion peut laisser à désirer.

Selon les auteurs, il faut donc faire preuve de plus de créativité et d’esprit critique dans la planification de nouvelles AMP. Décideurs et gestionnaires doivent veiller à ce que les communautés locales profitent vraiment des bénéfices qu’elles sont censées rendre, en termes de nourriture, d’énergie, d’activités économiques, de loisirs et de défenses naturelles.

 

world-bank-global-ocean-partnership-christophe-lefebvreImen Meliane de The Nature Conservancy, l'un des auteurs de l'étude (2e à partir de la droite), à Washington avec le groupe Global Ocean Partnership de la Banque mondiale. De gauche à droite: Peter Kristensen, John Virdin, Christophe Lefebvre (IUCN), Pawan Patil. © Christophe Lefebvre

Une question de définitions

Un autre problème consiste à définir quelles zones sont pris en compte dans le calcul des 10 pourcents. Aichi 11 précise que « d’autres mesures de conservation efficaces par zone » -- telles que des réserves de pêche, des MPA multifonctionnelles et des MPA gérées par les communautés locales – doivent figurer dans le recensement. Faut-il alors inclure les zones d’interdiction du shark finning ? Et qu’en est-il de la pêche gérée ?

« L’objectif des 10 pourcents à déclenché une course au chiffre, mais il semble que nous ayons perdu de vue nos ambitions initiales », commente Imen Meliane de The Nature Conservancy. « A l’heure actuelle, il nous manque des critères pertinents pour définir ce qui est inclus dans les 10 pourcents. Il faut les préciser pour que les chiffres deviennent significatifs. »

Lisez l'article complet sur le site de The Nature Conservancy >>

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