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Journée 3 : synthèse

Cette journée a été consacrée aux outils de gestion et à la surveillance.

Selon les modérateurs Olivier Laroussinie (Agence des aires marines protégées) et Dan Laffoley (IUCN), les échanges de cette journée ont montré qu’il était essentiel d’amener les gens à travailler ensemble. D’un congrès à l’autre, des outils nouveaux et surprenants sont inventés. Mais c’est une épée à double-tranchant : les avancées technologiques donnent une vision plus réaliste du milieu marin mais nécessitent, en même temps, des données beaucoup plus actualisées. Les possibilités de traitement s’améliorent mais cela nécessite d’avoir des données beaucoup plus nombreuses, qui prennent du temps et des moyens à collecter.

Les concepts actuels sont redéfinis et parfois, remis en question. Par exemple, ces dernières années, nous avons beaucoup mis l’accent sur l’implication des parties prenantes, mais maintenant nous entendons que ces parties prenantes ne sont pas seulement les pêcheurs ou les usagers de loisirs mais également les autorités, les services de l’Etat eux-mêmes, dont les besoins et objectifs doivent être pris en compte.

Quand nous étudions des outils comme les plans de gestion, la discussion tourne rapidement autour de la gouvernance, ces deux sujets étant intimement liés. Mais ce sera le thème de la journée de demain !

En séance plénière de conclusion, les intervenants suivants ont été invités à partager leurs retours sur les travaux de la journée :

Fanny Douvere, Unesco : “Nous sommes à un moment critique où les choses peuvent évoluer positivement mais nous avons besoin de partager les bonnes pratiques de manière plus efficace ».

« Nous devons avoir de meilleurs financements. Les sites marins du Patrimoine mondial de l’Unesco représentent maintenant 25% de la surface protégée des océans, et néanmoins ils opèrent avec un budget très serré ».

« Les gestionnaires d’aires marines protégées ne réalisent pas vraiment le pouvoir des instruments juridiques internationaux. Si nous pouvions les mobiliser à notre avantage, pour que des préoccupations locales deviennent des enjeux internationaux, nous pourrions défendre notre cause de façon bien plus puissante que nous ne le faisons actuellement ».

Alfredo Simao da Silva, Institute for Biodiversity and Marine Protected Areas (IBAP), Guinée-Bissau : “J’ai entendu beaucoup de discussions sur la gestion participative et l’implication des parties prenantes. Mais n’oublions pas que les aires marines protégées ont besoin aussi d’institutions et que celles-ci ont besoin d’avoir des financements pérennes. Pour obtenir cela, les gestionnaires doivent démontrer que les AMP amènent des bénéfices économiques sur la durée. Nous avons besoin d’outils qui permettent aux gestionnaires d’argumenter et de convaincre ».

Alistair Gammel, Pew Charitable Trusts : “Quand j’entends parler de l’implication des parties prenantes, je me demande : de qui parle-t-on exactement et quelle importance sommes-nous prêts à leur donner ? Est-ce que chaque partie prenante doit avoir le même poids ? Ce n’est pas possible, dans un même endroit, de répondre positivement à des intérêts opposés. On peut aussi poser la question différemment : pouvez-vous autoriser les parties prenantes à faire ce qu’ils veulent dans une zone protégée, par exemple pêcher de grandes quantités, et toujours dire que c’est une aire marine protégée ? ».

Julien Calas (FFEM, Fonds français pour l’environnement mondial) : « Je voyage dans beaucoup de pays en voie de développement et j’ai rarement vu une AMP où les choses se passaient de façon simple. Les gestionnaires ne réclament pas de nouvelles stratégies mondiales, ils veulent juste des moyens et des outils pour continuer leur travail localement. Le financement n’est pas à la hauteur. De plus en plus, ces financements vont aux gestionnaires qui peuvent prouver que leurs actions amènent des bénéfices tangibles, mesurables. Si vous ne pouvez pas mettre un chiffre sur ces bénéfices, vous ne comptez plus. Mais pour mesurer et évaluer de façon pertinente, il faut du temps et de l’argent !

Olivier Laroussinie et Dan Laffoley ont alors demandé aux intervenants quel serait leur vœu pour les quatre prochaines années, entre maintenant et IMPAC 4.

Fanny Douvere : plus de lien entre les sites et plus de possibilité de partage.

Alistair Gammel : beaucoup plus d’AMP, petites ou grandes, et plus de coopération internationale pour améliorer la surveillance de la haute mer.

Julien Calas : plus de gestionnaires qui reconnaissent qu’une protection efficace dépend d’un financement adéquat et qui osent le réclamer ouvertement.

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