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Journée 2 : séance plénière introductive

Cette journée est consacrée à la science et à la connaissance au service de la création et de la gestion des aires marines protégées.

Modérateurs : Patricio BERNAL, IUCN ; François GAUTHIEZ, Agence des aires marines protégées.

David Obura (CORDIO, Afrique de l’est) a mis en avant deux défis majeurs pour les scientifiques et les AMP.
Premièrement, comment pouvons-nous identifier, collecter et analyser les connaissances scientifiques au service des AMP ? Ensuite, à quelle échelle doit-on opérer ? Devrions-nous faire de la recherche et du suivi à une échelle globale pour permettre la définition de très grandes AMP ou devrions-nous nous concentrer sur une échelle locale, pour aider les AMP gérées par les usagers locaux ?

Phil Weaver (Seascape Consultants) a souligné deux points majeurs pour la protection de la haute mer. Comment pouvons-nous faire de la recherche dans des zones lointaines ? Y accéder prend du temps, est couteux et les chercheurs en reviennent avec plus de questions que de réponses. Cependant les campagnes scientifiques montrent que les profondeurs marines ne sont pas désertes et ennuyeuses, mais abritent des habitats diversifiés. L’autre point est la protection effective de la haute mer. Une fois que les scientifiques ont identifié les zones d’intérêt biologique et écologique (EBSAs) en haute mer, comment les transformer en AMP effectives ? La distance de ces sites soulève la question de la surveillance et du contrôle, questions essentielles pour passer du statut de parcs « de papier » à des aires marines protégées efficaces, qui font une réelle différence.

Denis Ody (WWF France) a souligné que même si la science demeurait le fondement de la protection des environnements marins, l'avenir des aires marines protégées dépend moins de nouveaux travaux scientifiques que d'une réelle volonté politique. Les bénéfices des AMP ont déjà été amplement prouvés, que ce soit en Méditerranée ou dans d'autres mers du monde. Les études montrent qu'elles ont un fort effet de réserve: dans leur périmètre vivent 30% d'espèces de plus qu'ailleurs, avec jusqu'à deux et demi fois la population et dix fois la biomasse de poissons. De plus, cette richesse biologique est "exportée" vers les eaux environnantes, sous formes d'œufs, de larves et de poissons adultes. Enfin, les ressources ainsi créées profitent économiquement aux populations locales. Ody appelle les décideurs à faire valoir ces arguments pour créer plus d'aires marines protégées, maintenant.

Amy McDonald (United Nations University) a témoigné de son expérience auprès des communautés locales du Japon et plus spécialement auprès des plongeuses traditionnelles (Ama). Ces femmes ont développé une langue et un système de cartographie très développé sur les écosystèmes locaux.

Mahé Charles (Agence française des aires marines protégées) a parlé de l’évaluation des services rendus par les écosystèmes, mettant à nouveau l’accent sur la nécessité d’un dialogue entre les disciplines scientifiques. L’évaluation des écosystèmes repose sur l’implication de tous les acteurs, et pas seulement sur celle des économistes.

Grant Gardner (Canadian Wildlife Federation) a indiqué que les scientifiques doivent apprendre à communiquer auprès du grand public : le courage politique résulte de la pression populaire et cette pression populaire ne peut advenir si le grand public ne comprend pas les enjeux. Les ONG sont des partenaires clefs car ils ont une expérience de la sensibilisation.

François Gauthier a rappelé que la science doit, certes, guider les initiatives de protection, mais le manque de connaissance ne doit pas être un prétexte au manque d’action.

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